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Logiciel de devis pour le bâtiment : comparatif honnête pour un artisan belge

La plupart des outils les mieux référencés sont français. Les 4 règles belges qui décident du choix, et les prix officiels de 6 solutions.

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Gilles Braibant · Fondateur, ATTA
18 août 2026 · 12 min

Tapez « logiciel devis bâtiment » depuis la Belgique et vous obtiendrez surtout des outils français. Ils sont bons, ils sont bien faits, et ils ont été conçus pour un artisan qui facture en France. Or dans le bâtiment belge, ce qui décide du bon outil n'est pas le nombre de modèles de devis. Ce sont quatre obligations précises, dont deux imposent un texte exact sur vos factures.

Synthèse rapide :

Les quatre règles belges qui décident du choix

Cette section n'est pas du remplissage. C'est la grille de test à faire passer à n'importe quel logiciel avant de payer un abonnement.

1. La mention obligatoire du taux de 6 %

C'est la plus lourde de conséquences, et la plus mal gérée par les outils étrangers. Le taux réduit de 6 % s'applique aux travaux de transformation, rénovation, amélioration, réparation ou entretien d'une habitation d'au moins dix ans, à condition qu'elle soit utilisée à plus de 50 % comme habitation privée après travaux.

Depuis le 1er juillet 2022, le SPF Finances impose deux choses : l'entrepreneur doit mentionner sur la facture tous les éléments qui justifient l'application du 6 %, et la facture doit contenir une mention type. Cette mention prévoit qu'en l'absence de contestation écrite du client dans le mois, celui-ci est présumé reconnaître que le bâtiment a plus de dix ans, qu'il sert principalement de logement privé et que les travaux sont facturés à un consommateur final. Si une seule de ces conditions n'est pas remplie, le taux de 21 % redevient applicable et c'est le client qui endosse la responsabilité de la taxe, des intérêts et des amendes.

Autrement dit, cette mention est votre protection. Un logiciel qui ne l'insère pas automatiquement vous laisse la responsabilité pleine et entière en cas de contrôle.

Deux pièges de paramétrage à vérifier au passage : les travaux intellectuels d'architecte, de géomètre ou d'ingénieur restent à 21 %, et la démolition qui ne précède pas une rénovation aussi. Si vos matériaux sont achetés et facturés par vous avec les travaux, l'ensemble passe à 6 %. Si le client les achète lui-même, ils sont à 21 % dans tous les cas.

2. La mention d'autoliquidation entre professionnels

Quand vous facturez des travaux immobiliers à un autre assujetti belge tenu au dépôt de déclarations périodiques, vous ne portez pas la TVA en compte. Depuis 2023, la facture doit porter une mention type qui suit la même logique que celle du 6 % : en l'absence de contestation écrite dans le mois, le client est présumé reconnaître qu'il est bien un assujetti tenu au dépôt de déclarations périodiques.

Un artisan qui travaille en sous-traitance émet ce type de facture toute l'année. Si l'outil ne gère pas ce cas, vous réécrivez la mention à la main sur chaque facture, ou vous l'oubliez.

3. Peppol

Depuis le 1er janvier 2026, la facture électronique structurée est obligatoire en B2B entre assujettis belges. Pour un artisan, cela concerne les factures aux entreprises, aux syndics professionnels et aux marchés publics. Les factures aux particuliers restent hors obligation.

Attention à la moitié réception : vos fournisseurs de matériaux vous enverront leurs factures par le réseau. Un logiciel qui envoie sans recevoir vous laisse à moitié équipé. Le détail complet est dans notre guide Peppol pour une PME belge.

4. Le devis lui-même

Le devis n'a pas les mêmes contraintes légales que la facture, mais c'est votre pièce commerciale la plus sensible. Description des travaux, prix détaillés par poste, taux de TVA annoncé, durée de validité, conditions générales. Le point à regarder dans un logiciel n'est pas le nombre de modèles, c'est la capacité à transformer le devis accepté en facture sans ressaisie, en gardant les mentions correctes.

À retenir, section 1

Deux mentions type obligatoires, une obligation Peppol, un devis qui doit devenir facture sans ressaisie. Faites passer ce test en quatre points à tout logiciel avant de regarder son prix ou son interface.

Ce que dit la liste officielle sur les outils du bâtiment

Le SPF Finances publie une liste des solutions logicielles conformes. Nous l'avons dépouillée ligne à ligne dans sa version du 26 juin 2026, qui compte 469 applications. Voici ce qu'on y trouve côté construction.

LogicielEnvoyerRecevoirTraiter en comptaPeppol first
VertuozaOuiOuiOuiOui
Axiobat (FOLIATECH)OuiOuiOuiOui
Bouwsoft / Batilogic (Visma)OuiNon, ce n'est pas prévuOuiOui
ObatAbsent de la listeAbsentAbsentAbsent
TolteckAbsent de la listeAbsentAbsentAbsent

Deux lectures s'imposent, et il faut les faire avec prudence.

La ligne Bouwsoft est un point de vigilance réel. Un logiciel largement utilisé dans la construction belge qui déclare ne pas prévoir la réception vous oblige à traiter vos factures d'achat ailleurs. Ce n'est pas rédhibitoire, beaucoup d'entrepreneurs laissent la réception au cabinet comptable, mais il faut le savoir avant et pas après.

L'absence d'Obat et de Tolteck ne veut pas dire qu'ils ne sont pas compatibles. Le SPF Finances écrit explicitement que sa liste n'est pas exhaustive, que seules les applications inscrites y figurent, et que l'inscription ne constitue ni une évaluation qualitative ni une certification. L'inscription est déclarative et volontaire. La bonne conclusion est donc une question à poser au commercial avant de signer : votre outil est-il raccordé au réseau Peppol belge, et gère-t-il l'envoi et la réception ?

Pour vérifier de votre côté qu'une entreprise est joignable sur le réseau, notre vérificateur d'identifiant Peppol fait la recherche en quelques secondes.

À retenir, section 2

Trois outils du bâtiment figurent sur la liste officielle, un seul y déclare une lacune sur la réception. Pour les outils absents, la liste ne prouve rien : posez la question directement à l'éditeur.

Les prix, et ce qu'ils recouvrent

Tous les montants ci-dessous proviennent des pages tarifaires officielles des éditeurs, consultées le 11 août 2026, hors taxes.

OutilOriginePrix affichéCe que ça vise
TolteckFrance25 € par mois, ou 19 € par mois en engagement 12 mois (228 € par an)Artisan seul, devis et factures rapides
ObatFrance32 € par mois, ou 25 € par mois en paiement annuel (300 € par an) pour l'artisan seul assujetti TVA, jusqu'à 129 € par mois selon la gammeArtisan puis entreprise structurée
VertuozaBelgiquePas de prix public, sur demandeEntreprise du bâtiment, du devis au suivi de chantier
Bouwsoft / BatilogicBelgiquePas de prix public, sur demandeEntreprise de construction avec comptabilité intégrée
BillitBelgiqueLicence gratuite (ventes uniquement), puis 7,50 € par moisFacturation seule, pas de chiffrage de chantier
Teamleader OneBelgique99 € par an, annuel uniquementDevis et factures simples, pas de métré

Trois observations qui comptent plus que les montants.

Les outils français sont deux à trois fois plus chers que les outils de facturation généralistes belges. C'est logique : vous ne payez pas la facture, vous payez la bibliothèque de prix, le métré, le chiffrage par poste et le suivi de chantier. Si vous ne faites que trois devis par mois, cette différence n'a pas de justification.

L'absence de prix public chez les deux éditeurs belges n'est pas anodine. Cela signifie une démonstration commerciale, une étude de besoins, et le plus souvent un engagement annuel. C'est cohérent avec leur cible, une entreprise avec plusieurs personnes sur chantier, mais cela allonge le délai de décision de plusieurs semaines.

La page belge de Vertuoza met en avant l'adaptation automatique des taux de TVA à 6 % ou 21 % selon le cas, et la facturation Peppol. C'est précisément le sujet des règles 1 et 3 ci-dessus. Un éditeur qui parle de ces points sur sa page produit a au moins identifié le problème.

À retenir, section 3

Entre 19 € et 129 € par mois selon la profondeur fonctionnelle, et deux éditeurs belges qui ne publient rien. Le vrai écart de prix n'est pas entre deux logiciels de devis, il est entre un logiciel de devis et un simple logiciel de facturation.

Quel outil pour quel profil

Vous facturez surtout des particuliers, quelques devis par mois. Tolteck ou Obat en formule artisan seul suffisent, à condition de vérifier avec l'éditeur la gestion des mentions belges et du raccordement Peppol. Un logiciel de facturation belge type Billit ne fera pas le chiffrage, mais il coûte cinq fois moins cher si vos devis tiennent sur une page.

Vous travaillez en sous-traitance pour d'autres entreprises. La mention d'autoliquidation devient votre routine quotidienne. Faites-en le premier test en démonstration : demandez à voir une facture de sous-traitance générée par l'outil, et lisez le bas de page.

Vous avez des équipes sur plusieurs chantiers. C'est le terrain de Vertuoza et de Bouwsoft, avec le planning, les heures et le suivi de rentabilité par chantier. Acceptez le passage par la démonstration, mais demandez le prix par écrit avant l'essai, et posez la question de la réception des factures d'achat.

Vous voulez d'abord régler la conformité et voir plus tard. Prenez une solution de facturation belge à quelques euros par mois, gardez vos devis comme aujourd'hui, et revenez au chiffrage quand le volume le justifie. Notre comparatif des logiciels compatibles Peppol couvre ce cas en détail, et l'article sur le strict minimum pour un indépendant fixe le périmètre légal.

Vous perdez surtout du temps avant le devis. C'est le cas le plus fréquent chez les artisans que nous rencontrons, et aucun logiciel de devis ne le règle. Le temps ne part pas dans la rédaction du devis, il part dans les appels manqués, les rappels, les visites pour un chantier qui ne se fera pas. Nous avons documenté ce cas chez un installateur de châssis du Brabant wallon.

À retenir, section 4

Le bon outil dépend de qui vous facturez et de combien de personnes travaillent sur chantier. Un artisan seul qui facture des particuliers et une entreprise de huit personnes en sous-traitance n'ont pas le même gagnant, même à budget identique.

Les questions à poser en démonstration

Une démonstration commerciale dure une heure et suit le script du vendeur. Ces six questions le font sortir du script et vous disent en dix minutes si l'outil est adapté au marché belge.

  1. Montrez-moi une facture de rénovation à 6 % Vérifiez que la mention type du SPF Finances apparaît intégralement en bas de facture, sans intervention manuelle.
  2. Montrez-moi une facture en autoliquidation Même exercice avec la mention imposée depuis 2023. Si le commercial doit la taper, c'est vous qui la taperez toute l'année.
  3. Le logiciel envoie-t-il ET reçoit-il via Peppol ? Demandez une réponse séparée pour les deux sens, et le nom du point d'accès utilisé.
  4. Que se passe-t-il quand le client accepte le devis ? La facture doit se générer sans ressaisie, en conservant les postes, les taux et les mentions.
  5. Combien coûte un utilisateur supplémentaire, et sur quelle durée d'engagement ? C'est là que se cache l'écart entre le prix annoncé et le prix payé.
  6. Comment mes données sortent-elles si je change d'outil ? Un export exploitable de vos clients, de vos articles et de votre historique de factures, pas un PDF.

Le calcul qui décide vraiment

Un abonnement à 25 € par mois représente 300 € par an. Une erreur de taux sur un chantier de rénovation à 40 000 € représente 6 000 € de TVA, plus les intérêts, à un endroit où la mention type aurait déplacé la responsabilité vers le client. Le rapport entre les deux montants explique pourquoi la conformité doit passer avant l'ergonomie.

Le deuxième calcul est celui du temps. Rédiger un devis, le relancer, le convertir en facture, envoyer la facture, la classer, puis relancer le paiement : comptez ce que ça vous prend réellement sur un mois. Si vous ne l'avez jamais chiffré, notre calculateur de temps administratif le traduit en heures et en euros. C'est ce chiffre, et non le prix de l'abonnement, qui vous dira si vous avez besoin d'un outil à 19 € ou d'une solution complète.

FAQ

Q : Un logiciel français convient-il à un artisan belge ?

Il peut convenir, à condition qu'il gère les deux mentions type belges (6 % et autoliquidation) et le raccordement au réseau Peppol. Posez ces deux questions avant l'essai gratuit. Obat et Tolteck ne figurent pas sur la liste du SPF Finances au 26 juin 2026, ce qui ne prouve rien puisque la liste est déclarative, mais justifie la question.

Q : Quelle est la mention obligatoire pour une facture à 6 % ?

Le SPF Finances impose depuis le 1er juillet 2022 de mentionner tous les éléments justifiant le taux, plus une mention type. Elle prévoit qu'en l'absence de contestation écrite dans le mois, le client reconnaît que le bâtiment a plus de dix ans, qu'il sert principalement de logement privé et que les travaux sont facturés à un consommateur final. Le texte exact figure sur la page du SPF.

Q : Dois-je facturer mes clients particuliers via Peppol ?

Non. L'obligation de facture électronique structurée porte sur les transactions entre assujettis belges. Pour vos clients particuliers, la facture papier ou électronique classique reste la règle, sauf si le client accepte un autre format.

Q : Combien coûte un logiciel de devis bâtiment en Belgique ?

Les outils français affichent 19 € à 32 € par mois hors taxes en entrée de gamme, et jusqu'à 129 € par mois pour les formules complètes. Les deux principaux éditeurs belges, Vertuoza et Bouwsoft, ne publient pas de prix et passent par une démonstration commerciale.

Q : Puis-je garder mon logiciel actuel et ajouter Peppol ?

Souvent oui. Certains éditeurs vous laissent choisir votre point d'accès, d'autres l'intègrent. C'est la voie la moins perturbante si votre outil de chiffrage vous convient. Demandez à votre éditeur s'il est raccordé, et à quelles conditions.

Ce qu'on en retient

Le marché du logiciel de devis pour le bâtiment est dominé, en visibilité, par des outils français très bien faits pour un contexte qui n'est pas le vôtre. Les éditeurs belges couvrent mieux les règles locales mais ne publient pas leurs prix, ce qui rallonge la décision.

Notre recommandation tient en une phrase : testez les quatre règles belges avant de regarder l'interface. Une facture qui porte les bonnes mentions vous protège en contrôle, et un devis qui devient facture sans ressaisie vous rend une soirée par mois.

Et si votre problème n'est pas le devis mais tout ce qui arrive avant, les appels auxquels vous ne répondez pas parce que vous êtes sur un toit, c'est un autre chantier. Parlons-en trente minutes : on regarde où partent vos heures et ce qui peut disparaître.

Pour aller plus loin

On choisit l'outil pour vous

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