Le 16 septembre 2026, la ministre fédérale du Numérique Vanessa Matz a présenté une nouvelle stratégie belge pour l'intelligence artificielle. Les titres de presse ont parlé de « garder la maîtrise » de l'IA. Pour un dirigeant de PME, la question est plus terre à terre : y a-t-il une aide à demander, une obligation à respecter, ou rien à faire ?
Cet article lit la stratégie IA belge depuis une entreprise de 5 à 50 personnes. On s'appuie sur les pièces disponibles au 13 octobre 2026 : le communiqué de la ministre, celui de l'antenne de calcul BE-AIFA, le texte consolidé de l'AI Act publié par la Commission, les chiffres de Statbel et les appels de Digital Wallonia.
L'essentiel en cinq points :
- C'est une proposition, pas une stratégie adoptée. Le communiqué du 16 septembre 2026 la présente comme « une base pour l'élaboration d'une stratégie nationale », à construire avec les Régions et les Communautés. Il ne cite aucun montant.
- Une seule mesure arrive avec un budget : l'antenne BE-AIFA, environ 10 millions d'euros sur 2026-2028, qui donne accès aux supercalculateurs européens. Elle vise les organisations qui développent de grands modèles d'IA, pas celles qui utilisent un assistant.
- Les bacs à sable réglementaires promis aux entreprises ont jusqu'au 2 août 2027 pour exister : l'Omnibus numérique de juillet 2026 a reculé d'un an la date initiale de l'AI Act.
- L'argent pour une PME wallonne reste régional : Start IA (50 %, jusqu'à 5 000 euros) et Tremplin IA (50 %, jusqu'à 20 000 euros). Le chèque maturité numérique est suspendu depuis le 12 juillet 2026.
- Notre verdict : pour une PME de 5 à 50 personnes, la stratégie fédérale ne change rien à court terme. Ce qui compte en 2026 vient d'ailleurs : l'AI Act, qui vous demande déjà des mesures de formation et de transparence, et le prochain appel wallon.
Ce qui a été présenté le 16 septembre 2026
Le texte présenté est une proposition de la ministre, pas une décision du gouvernement. Le communiqué officiel parle de « la nouvelle proposition de stratégie IA développée par la ministre Vanessa Matz ». La veille au soir, selon La Libre, le projet avait été soumis aux partenaires de la majorité fédérale.
Le communiqué précise que cette proposition « constitue une base pour l'élaboration d'une stratégie nationale en matière d'IA, qui sera construite en collaboration avec les entités fédérées ». Pour une PME wallonne, ce détail compte : l'économie et les aides aux entreprises sont des compétences régionales.
Elle succède au Plan national de convergence pour le développement de l'intelligence artificielle, approuvé en Conseil des ministres le 28 octobre 2022. Rédigée après une consultation des fédérations professionnelles et du monde associatif, dont UNIA, elle affiche une ligne explicite : « Elle ne crée pas de nouvelles structures. »
Ce que le communiqué ne contient pas
Nous avons lu le communiqué en entier. Il ne mentionne aucun montant pour la stratégie elle-même, aucun calendrier de mise en œuvre et aucune mesure réservée aux PME. Au 13 octobre 2026, nous n'avons pas trouvé le texte intégral de la proposition en ligne, ni sur le site de la ministre, ni sur celui du SPF BOSA, dont la page consacrée à l'IA renvoie encore au plan de 2022. Les seuls euros annoncés le 16 septembre concernent l'antenne BE-AIFA, présentée le même jour et financée par ailleurs.
Les cinq ambitions, lues depuis une PME
Sur les cinq ambitions de la proposition, deux touchent une PME de près, et seulement si elle développe de l'IA. Les autres concernent l'État lui-même, ses achats et ses services publics. Le tableau suivant reprend chaque ambition telle qu'elle est formulée dans le communiqué, avec l'effet attendu pour une entreprise de 5 à 50 personnes.
| Ambition (communiqué du 16/09/2026) | Mesure citée | Effet pour une PME de 5 à 50 personnes | Statut au 13/10/2026 |
|---|---|---|---|
| 1. Agir sur l'IA au lieu de réagir | Réforme du Comité d'orientation en matière d'IA, avec les entités fédérées | Aucun effet direct | Intention, sans date |
| 2. Transformer nos atouts en prospérité | Secteurs prioritaires, environnements de test encadrés (sandboxes) | Utile si vous développez un produit à base d'IA | Obligation européenne au 2 août 2027 |
| 3. Maîtriser les capacités stratégiques | Accès aux données, grille de souveraineté pour les achats publics de cloud et d'IA | Indirect : peut peser sur les marchés publics auxquels vous répondez | Intention, sans grille publiée |
| 4. Soutenir les services publics | Compétences IA des agents, Charte traduite en outils, contrôle humain | Aucun effet direct | Intention |
| 5. Renforcer l'autonomie humaine | Protection contre les imitations numériques sans consentement, protection des mineurs | Aucun effet direct, sauf activité de contenu ou de jeunesse | Intention, à porter au niveau européen |
Ambition 3 : la grille de souveraineté, à surveiller si vous vendez au public
La troisième ambition prévoit « une grille de souveraineté pour les achats publics de cloud et d'IA ». Aucune grille n'a été publiée à ce jour. Si votre PME répond à des marchés publics fédéraux avec une offre qui repose sur un service cloud ou un outil d'IA, c'est le point à suivre. Une telle grille pourrait favoriser les hébergements européens dans l'évaluation des offres.
Pour une PME qui achète ses outils, la question de l'hébergement des données se pose déjà sans attendre la grille : nous l'avons traitée dans notre article sur la voie européenne pour utiliser l'IA sans envoyer ses données aux États-Unis. Les ambitions 1, 4 et 5 sont des chantiers d'administration et de droit, sans financement ni obligation nouvelle pour vous.
- Deux ambitions sur cinq peuvent toucher une PME : les bacs à sable et la grille de souveraineté des achats publics.
- Aucune des cinq n'ouvre aujourd'hui un guichet où une PME pourrait déposer une demande.
BE-AIFA : la seule mesure financée, et pour qui elle est faite
L'antenne BE-AIFA est la partie la plus concrète de l'annonce, mais elle vise des projets de développement de modèles, pas l'adoption d'outils. Le communiqué de la stratégie la présente comme « l'un des leviers de mise en œuvre ». Elle a été inaugurée le 16 septembre 2026, le jour même de la présentation de la stratégie.
Ce que c'est
BE-AIFA, pour Belgian AI Factory Antenna, est le point d'entrée belge vers le réseau européen des « AI Factories », des centres construits autour des supercalculateurs de l'entreprise commune EuroHPC. Retenue en octobre 2025 parmi treize antennes, elle relie les organisations belges à LUMI-AI (Finlande) et JUPITER (Allemagne).
Combien et qui paie
Le budget est d'une dizaine de millions d'euros sur trois ans (2026-2028), financé pour moitié par l'Union européenne et pour moitié par les autorités belges. Le Conseil des ministres a approuvé le 3 avril 2026 une contribution fédérale de 1 million d'euros, plus 3,3 millions d'euros pour les partenariats avec LUMI et JUPITER. L'antenne est coordonnée par imec et réunit 23 partenaires, dont côté wallon le CETIC, Cenaero, Multitel et quatre universités.
Pour qui elle est faite
Le communiqué est précis sur la cible : les PME, start-up, organismes de recherche et administrations « qui veulent développer de grands modèles d'IA » et à qui il manque la puissance de calcul, les données ou l'expertise. Cinq domaines sont prioritaires : défense et sécurité, santé et biotechnologies, industrie manufacturière et robotique, spatial et aéronautique, services publics.
Une PME de 15 personnes qui veut automatiser ses devis, trier ses mails ou répondre au téléphone avec un agent vocal n'a pas besoin d'un supercalculateur. Les modèles de langage qu'elle utilise tournent déjà chez leurs éditeurs. BE-AIFA devient pertinente si votre entreprise entraîne ou adapte elle-même un modèle sur de gros volumes de données, par exemple en vision industrielle ou en analyse de données médicales.
Si vous êtes dans un des cinq domaines et que votre projet bute sur la puissance de calcul, la demande d'accompagnement se fait sur be-aifa.eu. Les conditions d'accès et les éventuels coûts n'y sont pas détaillés : c'est la première question à poser.
- BE-AIFA : environ 10 millions d'euros sur 2026-2028, moitié Union européenne, moitié autorités belges.
- Elle donne accès aux supercalculateurs LUMI et JUPITER, avec un accompagnement.
- Elle sert les projets qui développent ou entraînent des modèles, pas l'usage d'outils d'IA du marché.
Les bacs à sable réglementaires : 2027, pas 2026
Les environnements de test promis par la deuxième ambition sont une obligation européenne, et leur date a reculé d'un an. Un bac à sable réglementaire (sandbox) est un cadre dans lequel une entreprise teste un système d'IA sous la supervision d'une autorité, avant sa mise sur le marché. Il réduit l'incertitude juridique pour un produit innovant.
Dans sa version publiée en 2024, le règlement européen sur l'IA (UE) 2024/1689 imposait à chaque État membre un bac à sable national opérationnel au 2 août 2026. Cette date est dépassée et le cadre belge n'existe pas encore. Ce n'est pas un retard : l'Omnibus numérique sur l'IA, que le SPF Economie date du 8 juillet 2026, a modifié l'AI Act. L'article 57 consolidé, publié par le service d'assistance de la Commission, prévoit désormais un bac à sable national « operational by 2 August 2027 ».
Beaucoup de présentations de l'AI Act parlent encore d'août 2026 ; le calendrier tenu à jour par l'IBPT indique bien le 2 août 2027. Le bac à sable sert une PME qui conçoit un produit dont l'IA est le cœur. Pour celle qui utilise des outils du marché, il n'apporte rien.
Ce qui vous concerne déjà, stratégie ou pas : l'AI Act
Les obligations qui pèsent réellement sur une PME en 2026 viennent du règlement européen, pas de la stratégie belge. Elles s'appliquent quelle que soit l'issue des discussions entre le fédéral et les Régions. Le calendrier ci-dessous reprend celui de l'IBPT, tel que modifié par l'Omnibus numérique.
| Date | Ce qui s'applique | Ce que ça veut dire pour une PME utilisatrice |
|---|---|---|
| 2 février 2025 | Maîtrise de l'IA (article 4), pratiques interdites | Former et informer les personnes qui utilisent l'IA chez vous |
| 2 août 2026 | Obligations de transparence (article 50), systèmes autres qu'à haut risque | Signaler un chatbot ou un contenu généré par l'IA quand la règle l'exige |
| 2 août 2027 | Bac à sable réglementaire national | Utile seulement si vous développez un produit d'IA |
| 2 décembre 2027 | Systèmes à haut risque de l'annexe III (recrutement, crédit, etc.) | Concerne votre outil RH s'il trie les candidats |
| 2 août 2028 | Systèmes à haut risque intégrés à des produits (annexe I) | Concerne les fabricants de produits réglementés |
L'article 4 a changé en juillet 2026
C'est le changement le moins connu. Dans la version de 2024, l'article 4 demandait de garantir « un niveau suffisant de maîtrise de l'IA » au personnel, formulation sur laquelle beaucoup de formations se vendent encore.
L'article 4 consolidé demande désormais de « prendre des mesures pour soutenir le développement » de la maîtrise de l'IA, en tenant compte des connaissances des personnes et du contexte d'usage. Il précise que cette obligation « n'impose pas de garantir un niveau spécifique » de maîtrise pour une personne donnée. Un second paragraphe charge la Commission et les États membres d'aider les entreprises, « en particulier les PME », et la Commission de publier des exemples pratiques de mise en conformité.
Concrètement, une PME n'a pas à certifier chaque salarié. Elle doit pouvoir montrer qu'elle a agi : une session d'information, une note interne sur les usages autorisés, une personne de référence. Le choix d'une formation adaptée à votre taille est détaillé dans notre panorama des formations IA pour PME wallonnes. Pour la liste complète des obligations d'août 2026, notre checklist AI Act pour PME reste la référence, avec cette nuance sur l'article 4.
- L'article 4 demande depuis juillet 2026 des mesures de formation, sans niveau garanti par personne.
- La transparence de l'article 50 s'applique depuis le 2 août 2026.
- Le haut risque de l'annexe III, qui touche les outils RH de tri de candidats, glisse au 2 décembre 2027.
Où sont réellement les aides pour une PME wallonne
La stratégie fédérale ne crée aucune aide aux entreprises ; en Wallonie, les financements de projets IA passent par l'Agence du Numérique. C'est logique : le soutien à l'économie est une compétence régionale. La stratégie Digital Wallonia 2025-2029 fait de l'IA l'une de ses priorités, selon l'annonce des nouveaux appels.
| Dispositif | Ce qui est financé | Taux et plafond | État au 13/10/2026 |
|---|---|---|---|
| Start IA | Mission de cadrage : identifier et prioriser les cas d'usage, plan d'action | 50 %, aide publique de 5 000 euros maximum | Appel clos le 30 septembre 2026 |
| Tremplin IA | Projet pilote : valider la faisabilité technique et économique | 50 %, plafond de 20 000 euros | Vérifier le prochain appel sur Digital Wallonia |
| Chèque maturité numérique | Accompagnement numérique | Sans objet | Suspendu depuis le 12 juillet 2026 |
Start IA : le premier pas, à guetter pour le prochain appel
La page officielle de Start IA donne les règles de l'appel 2026 : ouvert du 10 juin au 30 septembre 2026, financement de 50 % avec une aide publique de 5 000 euros au maximum, budget total de 500 000 euros pour plus de 100 projets. Les candidatures sont traitées en 15 jours ouvrables au plus. Il faut être une PME au sens européen, avec un siège social ou d'exploitation en Wallonie, et une seule candidature par entreprise est admise.
L'entreprise choisit son expert parmi les prestataires éligibles. L'Agence du Numérique indique que plus de 750 missions ont été soutenues par Start IA et Tremplin IA.
Le chèque « maturité numérique », souvent présenté comme le complément d'un premier projet IA, est suspendu depuis le 12 juillet 2026. Notre guide des aides Digital Wallonia détaille ce qui reste mobilisable, dont les chèques formation.
- Start IA : 50 % d'une mission de cadrage, 5 000 euros d'aide au maximum. L'appel 2026 est clos depuis le 30 septembre.
- Tremplin IA : 50 % d'un pilote, jusqu'à 20 000 euros.
- La stratégie fédérale n'ajoute aucun guichet. Le levier financier reste wallon.
Où en sont les PME belges
Les chiffres cités par la ministre sont exacts, mais ils décrivent surtout les grandes entreprises. Le communiqué ouvre sur « 34,5 % des entreprises belges qui ont recours à l'IA ». Ce chiffre vient de l'enquête TIC 2025 de Statbel, et il porte sur les entreprises d'au moins dix personnes.
Le détail par taille change la lecture. Selon le SPF Economie, 76,41 % des grandes entreprises utilisent l'IA, contre 28,82 % des petites. Pour les entreprises de 2 travailleurs et plus, il mesure 24 % de PME utilisatrices en 2025, contre 8,7 % en 2023.
| Population (2025) | Part utilisant au moins une technologie d'IA | Source |
|---|---|---|
| Entreprises de 10 personnes et plus | 34,5 % | Statbel |
| Grandes entreprises | 76,41 % | SPF Economie |
| Petites entreprises | 28,82 % | SPF Economie |
| PME de 2 travailleurs et plus | 24 % | SPF Economie |
| Personnes de 16 à 74 ans (IA générative, 3 derniers mois) | 42,01 % | SPF Economie |
Trois PME sur quatre n'utilisent donc encore aucune technologie d'IA. Les autres s'en servent d'abord pour les processus administratifs ou de gestion, la comptabilité et la finance, le marketing et la vente.
L'écart est aussi entre vos salariés et votre entreprise. 42,01 % des Belges de 16 à 74 ans ont utilisé un outil d'IA générative au cours des trois derniers mois, à titre privé, professionnel ou scolaire. Une partie de vos collaborateurs utilise donc probablement déjà un assistant, sans cadre fixé par l'entreprise. C'est précisément la situation que l'article 4 de l'AI Act vous demande de traiter.
Ce qu'une PME peut faire maintenant
Attendre la version finale de la stratégie nationale n'a pas de sens pour une PME : rien de ce qu'elle annonce ne conditionne vos décisions de 2026. Voici l'ordre que nous recommandons à une entreprise de 5 à 50 personnes.
- Faire l'inventaire des usages réels. Qui utilise quel outil d'IA, pour quelle tâche, avec quelles données ?
- Poser une règle écrite. Une page : outils autorisés, données qui n'y entrent jamais, personne de référence. C'est la mesure la plus simple au titre de l'article 4.
- Vérifier les points de transparence. Un chatbot face à vos clients ou des contenus générés publiés relèvent de l'article 50.
- Choisir un premier chantier mesurable. Partez d'une tâche répétitive : saisie de factures, relances, prise de rendez-vous. Pour chiffrer ce temps, utilisez notre calculateur de temps administratif.
- Préparer le dossier pour le prochain appel wallon. Un cas d'usage déjà chiffré rend une candidature Start IA ou Tremplin IA plus solide.
Ce qu'il faudra surveiller
Nous mettrons cet article à jour quand l'un de ces points bougera : la publication du texte intégral et d'éventuels montants, l'accord avec les Régions, le cadre belge du bac à sable avant le 2 août 2027, la grille de souveraineté des achats publics, et le prochain appel Start IA.
Notre lecture
La stratégie IA belge de 2026 parle d'abord à l'État : gouvernance, administrations, achats publics, protection des citoyens. Pour une PME de 5 à 50 personnes, elle n'apporte ni aide nouvelle ni obligation nouvelle. Sa seule mesure financée, l'antenne BE-AIFA, s'adresse aux entreprises qui développent des modèles.
Les leviers réels sont ailleurs et ils sont déjà en place : l'AI Act, assoupli en juillet 2026 sur la formation, et les dispositifs wallons de cadrage et de pilote. Une PME qui sait quelle tâche elle veut alléger, et combien de temps elle y perd, est prête pour les deux. Si vous voulez savoir par où commencer, parlons de vos tâches les plus chronophages : vous repartez avec un premier chantier chiffré et l'aide régionale qui peut le financer.
FAQ
Q: La Belgique a-t-elle adopté une stratégie nationale pour l'IA en 2026 ?
A: Pas encore au sens strict. Le 16 septembre 2026, la ministre fédérale du Numérique Vanessa Matz a présenté une proposition de stratégie, décrite comme « une base pour l'élaboration d'une stratégie nationale » à construire avec les Régions et les Communautés. Elle succède au Plan national de convergence approuvé le 28 octobre 2022. Le communiqué ne mentionne ni budget propre ni calendrier.
Q: La stratégie IA belge prévoit-elle des subsides pour les PME ?
A: Non, le communiqué du 16 septembre 2026 n'annonce aucune aide directe aux PME. Les aides aux entreprises relèvent des Régions. En Wallonie, Start IA finance 50 % d'une mission de cadrage, jusqu'à 5 000 euros d'aide, et Tremplin IA 50 % d'un projet pilote, jusqu'à 20 000 euros. L'appel Start IA 2026 s'est clôturé le 30 septembre.
Q: Qu'est-ce que BE-AIFA et une PME peut-elle y accéder ?
A: BE-AIFA est l'antenne belge du réseau européen des AI Factories, inaugurée le 16 septembre 2026, avec un budget d'environ 10 millions d'euros sur 2026-2028. Elle donne accès aux supercalculateurs LUMI et JUPITER, avec un accompagnement. Les PME y sont éligibles, mais l'antenne vise celles qui développent de grands modèles d'IA, dans cinq domaines prioritaires. Les demandes passent par be-aifa.eu.
Q: Quand la Belgique doit-elle ouvrir un bac à sable réglementaire pour l'IA ?
A: Au plus tard le 2 août 2027. Le règlement européen sur l'IA fixait au départ le 2 août 2026, mais l'Omnibus numérique de juillet 2026 a reporté cette échéance d'un an, comme l'indiquent l'article 57 consolidé et le calendrier de l'IBPT. Le bac à sable sert aux entreprises qui développent un produit d'IA, pas à celles qui utilisent des outils du marché.
Q: Ma PME doit-elle former ses salariés à l'IA ?
A: Elle doit prendre des mesures. Depuis la réécriture de l'article 4 de l'AI Act par l'Omnibus numérique, une entreprise qui utilise l'IA doit soutenir la maîtrise de l'IA de son personnel, selon ses connaissances et le contexte d'usage. Le texte précise qu'aucun niveau spécifique n'est à garantir par personne. Une session d'information et une règle interne écrite constituent une base défendable.